vendredi, 25 mars 2011

Soirées fétichistes : le sud de la France bouge aussi

Fetish Nights et Marquis France sont heureux de vous présenter :

HAPPY BIRTHDAY
Le samedi 9 avril à partir de 22h00

Il y a un an maintenant débutait l’aventure FETISH NIGHTS.

Venez nous retrouver pour une soirée unique en PACA, dans un lieu où tous les plaisirs SM sont permis dans un lieu ou le respect et la tolérance ne sont de vains mots. Dans un lieu ou accueilli par un staff de passionnés, vous pourrez assumer et vivre pleinement vos pulsions SM et fetish.

Dress code strict, élégance et raffinement seront votre sésame pour participer aux festivités.

Le Marquis – 740 Avenue du 8 Mai 1945 – 83130 La garde (Toulon)

http://www.marquis83.com

Dress Code: cuir, vinyle, zentai, latex, uniformes, travestis, drag-queen,les looks les plus originaux sont les bienvenus…et même fortement conseillés pour cette soirée unique.

UNE  TENUE DE COULEUR NOIRE SERA AU MINIMUM REQUISE POUR PÉNÉTRER CET ENDROIT PRIVILÉGIÉ.

Entrée

Femme seule : invitée
Homme : 50 € (avec une consommation)
Couple : 40 € (une consommation par personne)
Travesti : 25 € (avec une consommation)
Pas de CB
Possibilité de location de cagoules sur places (5€)
Vestiaires fermés à disposition pour se changer sur place.

Places en pré-vente sur http://www.fetish-nights.com/tickets.html

Réservations : fetish.nights@gmail.com ou par téléphone  06 86 10 22 40

Toutes les infos sur le site de la soirée : http://www.fetish-nights.com/

Festival International des Films de Femmes de Créteil

Samedi 2 avril 2011
Maison des Arts de Créteil.
Métro : Créteil Préfecture.

Rencontre avec Catherine Corringer et Virginie Despentes Ce programme réunit deux artistes underground, féministes travaillant sur la question du genre

  • à 20h30 Performance
  • à 21h30 de la projection Mutantes de Virginie Despentes
  • Et à 23h débat : Du féminisme des années 70 à l’avènement du mouvement queer

féminisme,cinéma,créteil,virginie despentes,catherine corringer 

Performance live d’après et avec le texte féministe culte Scum Manifesto de Valérie Solanas (1967). Sortant d’un ordinateur, la voix de Catherine Corringer, déformée, presque enfantine, métallique, laisse entendre, avec un débit rapide et ponctué de rires, le manifeste radical de Valérie Solanas prônant l’élimination des hommes et des femmes soutenant les hommes, les "Daddy’s Girls", au profit de l’avènement d’une nouvelle humanité, féminine et mutante : les SCUM. Pendant que la voix métallique, aigüe, résonne, semblant venir d’un futur déjà marqué par la disparition de la race humaine, Catherine Corringer, lentement, orne son corps frêle et pâle de jouets en plastique, qu’elle accroche à des hameçons plantés dans sa peau. Une poupée Barbie ligotée, symbole des femmes qui collaborent. La guerre d’occupation qui se déroule sur le corps de Catherine Corringer, ponctuée d’humour, nous fait éprouver le poids lourd et douloureux de nos entraves, jusqu’à la libération sauvage et salvatrice…

MUTANTES (FÉMINISME PORNO PUNK) DE VIRGINIE DESPENTES

France | 2009 | documentaire | 1h30

Beta | couleur | vostf

Constituées d’une série d’entretiens réalisés aux États-Unis, à Paris ou à Barcelone auprès d’artistes, théoriciennes, activistes queer, et de documents d’archives autour de l’action politique des travailleuses sexuelles et de performances d’un nouveau genre, Mutantes dessine les contours d’un féminisme, dont on a peu parlé en France, qui revendique une liberté sexuelle totale, à l’instar du mouvement féministe “pro-sexe” né dans les années 80 aux Etats-Unis L’écrivain Virginie Despentes (Baise-moi, King Kong théorie), nous plonge dans une quête initiatique troublante et captivante avec les mots ou les images de celles qui ont inspiré son travail et qui investissent aujourd’hui des domaines qui lui sont proches : d’Annie Sprinkle à Catherine Breillat ou Lydia Lunch en passant par Post Op ou Maria Llopis, les propos de Mutantes tranchent définitivement avec le discours ambiant, “qui voudrait que le sexe ne soit jamais aussi bien pratiqué que dans la chambre, que la dignité des femmes dépende toujours de leur sagesse et passivité, et que les seuls thèmes féministes à débattre soient le port du voile et la violence de genre."

Attention !

Scum/ Performance nécessitant de se tenir dans une petite salle (75 places), il est important de prendre ses places en pré-vente ou de venir tôt sur place (40 places seront mises à disposition le jour même).

Pour le film de Virginie Despentes, la salle est de 350 places.

http://www.filmsdefemmes.com/Rencontre-Catherine-Corringe...

jeudi, 24 mars 2011

Le Dinélastique ? Mais qu'est-ce que c'est que ça ?

 

Question : Ce mois-ci vous n’organisez pas de NUIT ÉLASTIQUE mais un DINÉLASTIQUE, pourquoi ?

Francis Dedobbeleer : S’il n’y a pas de NUIT ÉLASTIQUE ce mois-ci c’est tout simplement parce que je prépare la centième, oui oui la centième, édition de la Nuit Élastique. Une édition numéro 100 qui coïncide avec le treizième anniversaire de la soirée et le fait que cela fera exactement 20 ans que j’organise des soirées fétichistes. Le rendez-vous est donc important pour moi, cela méritait une petite pause afin de préparer pour le samedi 14 mai une CROISIÈRE ÉLASTIQUE vraiment exceptionnelle, à la hauteur de ces trois choses à célébrer.

Question : D’accord, mais vous organisez néanmoins un rendez-vous en avril, le DINÉLASTIQUE, le mercredi 6 avril très exactement…

Francis Dedobbeleer : C’est vrai mais il s’agit d’une soirée nettement moins importante, le DINÉLASTIQUE ne peut rassembler que 50 personnes au maximum. Je ne voulais pas qu’il ne se passe vraiment rien dans l’univers fétichiste en avril, alors j’ai décidé de relancer une soirée totalement différente de la NUIT ÉLASTIQUE, un autre concept qui a connu un vrai succès il y a plusieurs années.

Question : Le DINÉLASTIQUE n’est pas une nouveauté ?

Francis Dedobbeleer : Non, il y a déjà eu plusieurs éditions mais il y a plusieurs années de cela, dans un restaurant japonais au départ et au feu restaurant fétichiste « Le Lust » ensuite. La dernière date déjà de 2009.

Question : Quel est le principe du DINÉLASTIQUE ? En quoi est-ce différent de la NUIT ÉLASTIQUE ?

Francis Dedobbeleer : Il s’agit de deux soirées aux formules totalement différentes. Le DINÉLASTIQUE est une soirée de rencontre entre fétichistes du vinyle, du latex et du cuir comme la NUIT ÉLASTIQUE mais là où cette dernière rassemble plusieurs centaines de personnes dans une ambiance sonore très agitée, le DINÉLASTIQUE est intime, cosy, lounge et rythmé par des musiques jazzy. Ici pas de piste de danse, ni même de donjon, nous nous retrouvons autour d’un menu gastronomique sain, festif, équilibré et varié autour de grandes tables communes afin de favoriser les contacts, les conversations, les rencontres, les échanges, l’amitié, etc. C’est pour cette raison que le menu est composé d’une entrée, d’un plat et d’un dessert, non pas pour nous goinfrer mais parce qu’en multipliant les étapes au cours de la soirée, nous favorisons les occasions et les raisons de nous adresser la parole les uns aux autres.

Question : Le DINÉLASTIQUE est donc une soirée plutôt soft ?

Francis Dedobbeleer : Oui c’est clair, il ne s’agit pas d’une soirée où l’on vient pour passer à l’acte mais pour se faire des amis, pour avoir des conversations autour de nos passions communes, pour mieux faire connaissance, le tout dans une ambiance douce et intime qui facilite le dialogue. C’est typiquement le genre de soirée où l’on se retrouve en train de dire « Ah bon, toi aussi tu adores les livres de untel ou les films d’untel » ou « Mais il faut que je te présente untel qui est un peu plus loin à cette table, vous avez les mêmes passions ». Cela permet de poursuivre des contacts entamés au cours d’une soirée fétichiste ou sur un réseau social de genre de Facebook par exemple. C’est incroyable ce que les contacts sont simples et rapides dans ce genre de soirée, autour d’une table et de quelques bons petits plats les choses se font très vite, avec le sourire et sans complication. Il y a toujours quelqu’un pour mettre un peu d’ambiance à table, pour présenter les uns aux autres, pour raconter des histoires passionnantes sur lesquelles tout le monde rebondira aisément et instantanément.

Question : Concrètement, comment se déroule le DINÉLASTIQUE ?

Francis Dedobbeleer : Mais le plus simplement du monde ! On se rend à l’adresse du restaurant qui est indiquée sur le ticket de prévente, une adresse qui n’est communiquée qu’aux personnes ayant acheté leur place afin de garantir la discrétion de la soirée. Sur place, je vous accueille avec quelques membres de mon équipe. Chacun s’installe autour de l’une des grandes tables et choisit son entrée, son plat et sa boisson. Les conversations s’engagent très naturellement et rien n’empêche les participants de se déplacer ou de se lever pour avoir des conversations plus variées. On retrouve juste sa place dès que les plats arrivent. Je n’ai pas envie d’une soirée très guindée, trop statique, il faut que ça bouge, que l’on entende des rires et que les dialogues soient passionnés.

Question : Et si l’on veut boire plus que le verre compris dans le prix de la soirée ?

Francis Dedobbeleer : La soirée a lieu dans un très élégant resto-bar jazz du quartier Oberkampf, tout près de la Boutique Dèmonia pour ceux qui connaissent le quartier, où le prix des boissons est très très abordable. Nous sommes très loin des tarifs pratiqués dans les clubs libertins ou dans les bars super chics, à Oberkampf nous sommes dans un quartier branché mais aux tarifs loin d’être prohibitifs. Donc rien ne vous empêche, rien ne vous interdit, de commander une bonne bouteille de vin en plus, une bouteille d’eau minérale, un des excellents cocktails proposés par ce resto-bar ou même la spécialité maison le « rhum arrangé », le tout aux prix habituels pratiqués là-bas. Il suffit d’aller chercher vos boissons supplémentaires, totalement facultatives, au bar et de les régler directement. Rien de bien compliqué et ceci vous permettra de prendre un digestif par exemple si vous le souhaitez après le dessert. Comme tous les resto-bar, l’endroit ferme ses portes à deux heures du matin, certains peuvent donc avoir envie de poursuivre la soirée jusqu’à la fermeture autour d’un bon verre. Mais cela n’a vraiment rien d’obligatoire, c’est juste une liberté.

Question : Si l’on veut participer au DINÉLASTIQUE, que doit-on faire exactement ?

Francis Dedobbeleer : Il faut aller acheter sa place à la Boutique Dèmonia, le nombre de places étant limité à 50, il ne faut donc pas tarder. Puis il suffit d’arriver à l’adresse indiquée, si possible entre 20 et 21 heures, de donner le ticket à l’un des membres du staff et d’avoir une tenue fétichiste en vinyle, latex ou cuir.

Question : Quel genre de tenue vinyle, latex ou cuir ?

Francis Dedobbeleer : Oh mais une tenue toute simple. Même si nous disposons d’un salon privé totalement mis à notre disposition, il ne faut pas confondre le DINÉLASTIQUE avec une soirée dans un club libertin ou SM. Nous sommes dans un restaurant et pour accéder au bar comme aux toilettes il faut traverser l’autre salle du restaurant, celle où se trouvent les clients ordinaires de cet établissement.  Il faut donc avoir une tenue fétichiste qui permette de se déplacer aisément au milieu de clients ordinaires ou alors avoir de quoi se couvrir un peu. Pour résumer, une tenue gentiment sexy voilà ce que je conseille. De toute manière les fétichistes adorent être habillés, nous ne sommes pas des naturistes, nous pouvons donc passer assez discrètement dans un lieu public. Surtout dans un restaurant où, avouons-le, il n’y a pas une clientèle très très nombreuse le mercredi soir. Nous serons essentiellement entre nous. À nous aussi de démontrer que nous sommes capables de nous comporter en adultes responsables, respectueux des autres.

Question : Cela ne sera pas au final une soirée très soft ?

Francis Dedobbeleer : Si, bien sûr. Le but est de permettre des rencontres et des dialogues, c’est là le but premier du DINÉLASTIQUE. C’est aussi une soirée qui se veut ouverte et accessible aux débutants. Le côté un peu « gentil » de la soirée ne me fait pas peur, ce n’est qu’une apparence, je sais que nous serons nombreux à faire des « bêtises » juste après cette soirée ici ou là, c’est un peu comme une soirée au restaurant entre deux amoureux qui rentrent ensuite chez eux pour une nuit chaude et passionnée. Sauf qu’ici nous serons plusieurs dizaines à diner ensemble et que nous ne rentrerons pas tous ensemble mais par petits groupes de deux, trois, quatre, cinq ou plus. En fonction de nos rencontres respectives.

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DINÉLASTIQUE
Mercredi 6 avril 2011
de 20h00 à 02h00
Entrée : 30 € par personne comprenant une entrée + un plat + un dessert + une boisson
Adresse : Salon privé, quartier Ménilmontant-Oberkampf, XIe arrondissement, à moins de 100 mètres de la Boutique Dèmonia.
Type de cuisine : traditionnelle française.
Nombre de places : 50
Dress code : vinyle, latex ou cuir.
Réservation : pour réserver au suffit d’acheter votre place à la Boutique Dèmonia (22 avenue Jean Aicard – 75011 Paris).
Plus d’informations : 06 58 67 61 95 (ne pas appeler avec un numéro masqué) ou francis@nuit-elastique.com
Site web : http://www.nuit-elastique.com/site/?page_id=1230
Sur Facebook : https://www.facebook.com/event.php?eid=173084862742823

mardi, 08 mars 2011

Radiographie du SM, un nouveau livre sur le sadomasochisme

Ils ont trois points importants en commun dans la vie : une vraie passion pour le Japon, un goût prononcé pour le travail journalistique bien fait sur la base d'enquêtes et de recherches solides et, enfin, le SM dans tout ce que implique de variété voire de contradictions. Sebastien Nosferax et Francis Dedobbeleer mène en ce moment l'enquête dont tout le monde parle, celle qui aboutira en octobre 2011 au plus important livre d'entretiens et de recherche sur le SM jamais publié en France.

Depuis plusieurs mois Sebastien Nosferax et Francis Dedobbeleer partent à la rencontre d'une multitudes de personnages plus surprenants les uns que les autres en leur faisant dévoiler leurs pratiques sexuelles dont l'unique point commun est le sadomasochisme. Et ils nous promettent bien des surprises ! Nous serions très loin des idées reçues et même très loin de pouvoir en tirer de vraies conclusions tant les expériences vécues par les témoins sont différentes. Nous passons de passions absolues, analysées, intellectualisées et sublimées pour certains jusqu'à des témoignages où le sexe n'est plus qu'animal, instinctif et radical en passant par une incroyable palette de goûts et de couleurs. Il n'y aurait donc pas une pratique précise et codée du sadomasochisme mais autant de chemins que de pratiquants, autant de raisons que de passions non raisonnées, autant de plaisirs simples que de visions intellectuellement torturées.

Le travail de Sebastien Nosferax et Francis Dedobbeleer se veut exclusivement celui de deux enquêteurs, de deux reporters partis pour la jungle des fantasmes et des pratiques érotiques mêlant soumission et domination érotiques jusqu'au jeux cruels du masochisme sexuel. Nos deux journalistes ne se veulent ni sexologues, ni psychologues, ni psychanalystes et encore moins juges. Leur propos est de nous livrer des témoignages authentiques les plus libres possibles, un travail de recherche que chacun pourra analyser ou juger comme bon lui semble.

Car, ils l'avouent sans difficulté, il n'y a pas grand rapport entre cette femme dominatrice qui compte venger le sort réservé à l'ensemble des femmes depuis des milliers d'années dans l'ensemble des cultures en dominant sexuellement les hommes, cette femme soumise qui se prostitue réellement et seule pour vivre son fantasme de soumise sexuelle à plein temps, ce doux travesti de 64 ans qui vient d' découvrir la femme dominatrice qui était en lui il y a deux ans à peine, cet homme dominateur qui ne peut vivre sans avoir de femmes soumises comme partenaires régulières alors qu'il n'envisage pa une seconde pouvoir tomber amoureux d'une femme pratiquant le SM et encore moins d'une soumise, cet homme soumis qui a 50 ans n'a eu qu'une seule et unique relation sexuelle classique avec une femme qui lui révélé lors de cette relation qu'il était fait pour être soumis aux femmes sans qu'il ne sache à l'époque que le SM existait, cette jeune femme lesbienne au coeur tendre qui a découvert sa facette de dominatrice grâce à l'une de ses histoires d'amour où sa partenaire l'a suppliée de l'étranger, ce chanteur d'un groupe de rock qui cherche l'amour sur les réseaux sociaux, y trouve une multitude de jolies jeunes femmes soumises débutantes comme lui sans jamais trouver trouver le grand amour, ce travesti qui ne sait absolument pas pourquoi il a un jour décidé à près de trente ans de se travestir pour la première fois de sa vie, d'opter pour une tenue en latex et d'aller dans une soirée fétichiste pour partir dans une recherche effrénée de relations SM multiples tout en vivant une histoire d'amour fidèle mais franchement libertine avec un homme et autres témoins toujours aussi peu conformes aux stéréotypes qui sont les nôtres sur le sujet.

Il aura fallu en tout deux ans pour que ce projet devienne réalité mais celui-ci touche à sa fin puisqu'il sera bouclé au cours de cet été pour sortir de presse chez Tabou éditions début octobre 2011. Il s'agira d'un gros bouquin (entre 300 et 500 pages) au format de poche et à un prix très léger, sans photos ni illustrations afin de laisser aux mots toute leur force à notre imaginations à chacun la possibilité d'imaginer comme nous le désirons les différents témoins.

Sebastien Nosferax et Francis Dedobbeleer recherchent encore quelques témoignages, alors si vous souhaitez leur confier anonymement tout ce qui fait votre vue et vos pratiques SM, n'hésitez pas les contacter, qui que vous soyez, quels que soient votre âge et votre expérience.

Écrivez-leur à : francisdedobbeleer@gmail.com

lundi, 07 mars 2011

Vidéo : Nuit Élastique 2011

samedi, 05 mars 2011

Interview de Francis Dedobbeleer, organisateur de soirées fétichistes à Paris

 

Quand on réalise une enquête destinée à être publiée dans la presse magazine, c'est-à-dire sur un support où l'espace est compté, on est souvent amené à interviewer des gens dont on ne garde au final que le quart (ou moins) de ce qu'ils nous racontent. Dans les cas où les réponses s'avèrent particulièrement intéressantes, on regrette de devoir les élaguer ainsi sans pouvoir publier l'entretient complet. C'est ce que j'ai pensé en interviewant Françis Dedobbeleer, organisateur des Nuits Dèmonia et des Nuits Elastiques à Paris, pour les besoins d'une enquête sur la nouvelle scène fétichiste à paraître dans le prochain numéro de Psycho & Sexo. Je profite donc de ce blog pour m'offrir le luxe de publier ses réponses à mes questions dans leur intégralité. Les adorateurs du cuir, du vinyle et du latex apprécieront. Les autres se laisseront peut-être tenter ?

Francis_Doddeleer.gifNuit Dèmonia, Nuit élastique, Croisière élastique... Depuis quand tes soirées existent-t-elles ?

Cela fera 20 ans au début de cette année. J'ai débuté en Belgique et depuis 13 ans j'organise mes soirées à Paris.

J'ai l'impression que tu en organises de plus en plus, comment expliques-tu ce succès ?

Non pas du tout. Il fut une époque, il y a 5-10 ans où j'en organisais beaucoup plus mais beaucoup plus petites. Depuis que j'en repris la Nuit Dèmonia je l'ai hissée au niveau de l'une des cinq plus grandes soirées fétichistes au monde, il y a donc moins de rendez-vous mais nettement plus de monde puisque la Nuit Dèmonia réunit systématiquement entre 1500 et 2000 personnes chaque année. La Nuit Élastique, dans sa version semestrielle qu'est la Croisière Élastique, a réussi à devenir le deuxième rendez-vous fétichiste en France en terme d'affluence avec plus de 600 personnes. Le succès de ces deux soirées est dû à la fois au travail, organiser l'une comme l'autre de ces soirée demande énormément de travail de promotion car beaucoup de canaux traditionnels nous sont encore fermés, et à leur originalité. Ce sont des soirées fétichistes typiquement françaises qui ne tentent pas de plagier ou copier les soirées fétichiste anglaises et allemandes. Ce qui serait d'ailleurs absurde puisque j'ai commencé à organiser mes soirées avant eux. C'est très bien d'ailleurs qu'il y ait de vraies différences entre nous.

Combien tes soirées attirent-elles de personnes environ ?

La version mensuelle de la Nuit Élastique de 250 à 350 personnes, la Croisière Élastique qui a lieu deux fois par an entre 550 et 650, la Nuit Dèmonia qui est annuelle entre 1500 et 2000.

La population qui fréquente tes soirées est-elle homogène ou hétérogène ? Y a-t-il des constantes d'âge, de statut social, que sais-je d'autre ?

Elle est complètement hétérogène à tout point de vue, que ce soit l'âge, de 20 à 70 ans, socio-professionnel, qui va du chômeur en passant par l'éboueur, le commerçant, le fonctionnaire jusqu'au CSP+. Mais nous avons basé nos tarifs sur les revenus les plus modestes pour que personne ne soit exclu. C'est un parti pris politique qui m'est souvent reproché mais sur lequel je ne reviendrai jamais, c'est une sorte de conscience de classe, je viens d'un milieu assez populaire.

Certains vieux de la vieille du milieu BDSM refusent d'aller à tes soirées, arguant qu'elles sont fréquentées par des gens qui ne respectent pas la philosophie du BDSM, n'y connaissent rien, font n'importe quoi, etc.  Qu'as-tu à leur répondre ?

Le BDSM je ne connais pas, c'est une création américaine récente. On ne peut pas être un vieux de la vieille et BDSM, seul le terme SM existe depuis longtemps. Mais même si les pratiquants SM sont les bienvenus ils n'ont pas tort, les soirées fétichistes ne sont pas des soirées SM. Elles sont nettement plus ouvertes sur la culture queer, la musique, la fête, l'art, la création et la mode. Il existe des soirées purement SM et les soirées fétichistes n'ont pas pour but d'attirer et d'accueillir tout le monde, même on y est le bienvenu si on respecte le fait de devoir impérativement, et ce n'est pas négociable, s'habiller en vinyle, latex et cuir. Je ne suis pas là pour faire concurrence aux clubs SM, pas plus qu'aux clubs échangistes, gays, transgenre, gothiques, rock, electro ou metal. Je m'adresse à une minorité de chacun de ces milieux qui est fétichiste du vinyle, du latex ou du cuir et c'est cet ensemble qui forme la communauté fétichiste, en tout cas celle de ces trois matières.

flyer-nuit-elastique98-web.jpgQuelles différences y a-t-il entre une soirée BDSM des années 90 et une soirée BDSM en 2010 ?

Le fait de s'être complètement américanisée, elle est désormais complètement sous influence de la culture protestante. Les termes sont déjà tous issus de la culture américaine alors que Sade était français et Masoch était autrichien. Le psychiatre à l'origine du choix des termes comme sadisme et masochisme était lui austro-hongrois. Je ne vois donc pas en quoi il est utile de se laisser ainsi envahir par la culture SM, assez pauvre et caricaturale, américaine. Et je dis ça alors que je suis très très loin d'être un anti-américain primaire, je suis plutôt très pro-américain, mais je trouve tous ces cours de domination/soumission, bon usage du fouet et autres fadaises complètement farfelus. J'imagine toujours qu'entre deux cours les personnes qui y vont se font un bon menu Big Mac et portant un gilet en cuir et un chapeau de cow-boy. Pour moi, le fantasme et le désir cela ne s'apprend pas, c'est une affaire d'émotion. La meilleure école du désir est notre propre imagination et la culture, qu'elle soit littéraire, cinématographique. L'idée d'apprendre le SM comme on apprend au golf me semble complètement hallucinante. En tout cas cela ne me semble pas très spontané ou naturel. C'est de l'érotisme en import.

Penses-tu qu'il existe une nouvelle génération de fétichistes (au sens très large et culturel du terme), et si oui, qu'est-ce qui les différencie des vieux de la vieille ?

Non, les fétichistes ne changent pas trop, la médiatisation a changé et nous a donné depuis plus de 30 ans une visibilité de plus en plus accrue sans que la scène ne grandisse pour autant, la scène est devenue plus ouverte en terme d'âge que ce soit vers le bas en accueillant les 20-30 ans et vers le haut en acceptant désormais parfaitement les 60-70 ans voire plus, au début des années 90 la scène fétichiste et SM était une chasse gardée des 40-50 ans, un vieil héritage des soirées SM privées huppées dont certains restent encore friands et nostalgiques. Ce qui a changé c'est la qualité des matières et le nombre de modèles disponibles comme de créateurs. Il y a malheureusement aussi une petite frange de faux fétichistes, et faux libertins également, qui est apparue et qui ne voit dans le fétichisme, du latex en particulier, qu'un aspect "mode" qui les transformerait en pin-up alors qu'il ne s'agit que de filles assez banales, que n'importe quelle agence de mannequins refuserait d'embaucher, et surtout très coincées. Elles se créent leur trois petites années de "gloire" en posant pour des dizaines de photographes puis disparaissent aussi soudainement qu'elles étaient apparues. Celles-ci voudraient nous faire croire que le fétichisme se serait sexy sans être sexuel. Elles se trompent et ne doivent pas imaginer ce que les hommes font en regardant leurs photos sur internet, la photo a beau être jolie en face de l'écran l'ambiance est plutôt chatroulette.

As-tu le sentiment d'œuvrer pour la démocratisation du BDSM ? Et si c'est le cas, est-ce une volonté délibérée de ta part ?

Oui, c'est volontaire, c'est idéologique et logique : j'ai voulu créer des soirées où je serais avant tout admis moi-même ainsi que mes amis. Donc pas chères et à l'esprit ouvert. Si les propriétaires des lieux libertins historiques ne pratiquaient pas des tarifs prohibitifs depuis toujours je ne serais peut-être jamais devenu organisateur de soirées fétichistes. Mais il était finalement moins cher d'organiser ma propre soirée que de fréquenter les leurs.

Dans tes soirées, est-ce que ça baise ?

Oui et non. Oui parce que l'on peut y faire ce que l'on veut même s'il n'y a pas le confort d'un club libertin. Oui parce que nous sommes entre personnes majeures, averties et consentantes. Non parce qu'il y a bien d'autres choses à faire : se rencontrer, draguer, parler avec des amis comme avec des inconnus, danser et boire des verres. Donc on y baise plus que dans une soirée traditionnelle et moins que dans un club échangiste. 

Les gens qui viennent à tes soirées, outre leur goût pour le dress code, sont-ils tous des adeptes des pratiques SM ?

Non, pas du tout. Ce sont avant des fétichistes du vinyle et du latex, un peu du cuir, énormément des pieds et des chaussures. Bon nombre des participants sont totalement hermétiques au charme des dominatrices par exemple, ce qui a le don de les rendre folles car elles pensent trop souvent que tout le monde ne rêve que de ça.

Certains objets, certaines matières (talons aiguille, bas, vêtements en latex, cuir, vinyle) sont des classiques du fétichisme, qui existent depuis toujours. Mais existe-t-il des matières nouvelles, apparues récemment, et qui emportent l'adhésion de la population fétichiste ?

Le vinyle est assez récent, l'exploitation du latex dans sa version mode également, le fétichisme des bottes masculines, viriles et aux grosses semelles est assez nouveau également, en tout cas dans le milieu hétéro, sinon le zentai fait une percée surprenant depuis 2 ou 3 ans.

Tes soirées sont une porte ouverte aux performers, aux artistes, aux musiciens qui peuvent venir présenter ce qu'ils font. Considères-tu qu'il existe une « culture fetish » au sens large du terme et plus strictement sexuel ?

Je pense que toute personne qui exclut l'aspect sexuel du fétichisme nous ment et se ment surtout. Je suis convaincu que la culture et l'art peuvent provenir, sans qu'il nous faille faire de complexe, de nos désirs purement sexuels. On peut toujours nier la chose mais l'honnêteté nous obligerait tous à admettre que les deux sont forcément et intimement liés. Et que c'est fort bien ainsi.

Es-tu un homme riche ?

Pas du tout, je ne suis toujours qu'employé et salarié d'une société qui ne m'appartient pas du tout. Mes soirées sont organisées par mon association loi 1901 qui ne fait aucun profit. Je gagne ma vie convenablement mais sans plus, je n'ai aucun goût de luxe, je n'ai ni voiture, ni maison et je ne sors que dans les soirées rock, gothiques et electro qui sont ce qu'il y a de moins cher. Comme je viens d'une période assez pauvre avec un passage par le RMI, j'ai appris à vivre avec des revenus assez modestes et à y voir un côté luxueux. Et comme mon travail, mes passions et ma sexualité ne forment qu'un ma vie est assez économe.

Tu te vois faire quoi dans vingt ans ?

La même chose mais en plus grand.

 

mardi, 01 mars 2011

Vidéo : le SM pour les nuls

 

 

jeudi, 24 février 2011

Patrice Catanzaro informe: Radiographie du SM, c'est pour bientôt

 

Patrice Catanzaro informe: Radiographie du SM, c'est pour bientôt

Publié le 24 février 2011 par Catanzaro

Patrice Catanzaro, le créateur de vêtements fétiches en vinyle et wet look, vous informe d'un évènement qui va séduire l'univers fétichiste

 

Francis Dedobbeleer & Sébastien Nosferax travaillent intensivement sur leur nouveau livre, qui devrait porter pour titre "RADIOGRAPHIE DU SM" , un recueil d’une trentaine d’interviews de personnes représentatives des pratiques SM en France actuellement.

Le but est de donner la parole, de fouiller les fantasmes et d’expliquer les expériences de personnes, connues ou inconnues, très différentes mais capables de parler de leur sexualité avec personnalité et talent.

Le livre paraîtra le mercredi 13 octobre 2011 aux éditions Tabou.

Si vous pensez que votre témoignage pourrait se révéler intéressant, si vous avez des choses à dire sur le SM en général et sur votre sexualité en particulier, n’hésitez pas à prendre contact avec Francis Dedobbeleer. Les témoignages de femmes soumises, de travestis soumis et de couples sont plus particulièrement recherchés à ce stade.

Pour nous contacter écrivez à : francisdedobbeleer@gmail.com

Au sommaire

RED : lesbienne, dominatrice et subspace

ALESSANDRO : play piercing et SM sans love story

JUSTINE : la soumission dans la prostitution souhaitée et désirée

MAITRESSE YASMINE : la dominatrice aux jolis pieds

 

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Vous pouvez également rejoindre: http://www.facebook.com/pages/Radiographie-du-SM/

 

 

samedi, 29 janvier 2011

Vidéo : Nuit Dèmonia 2010

jeudi, 09 septembre 2010

La soirée fétichiste de Paris

 

Nuit Elastique

 

Nuit Elastique samedi 11 septembre à Paris
(pour plus d'infos, cliquez sur l'affiche ci-dessous)

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